Table ronde « Marseille Provence 2013 : comment mettre un événement d’envergure au service de la cohésion sociale et du développement économique ? »

 13 mars 2013

Animée par Boris GRESILLON, géographe, professeur de géographie urbaine et culturelle à l’Université d’Aix-Marseille, auteur d’ « Un enjeu « capital », MP 2013 »

Stéphane BASILLE, conseiller technique – Mission 2013, Ville de Marseille

Jean-François CHOUGNET, Directeur général de MP 2013

Stéphane SARPAUX, Directeur du OFF et journaliste au Ravi

Olivier Célarié, Directeur de la communication de Lille 2004 et Lille 3000 a été retenu à Lille et n’a pas pu se joindre à la table ronde.

 

« La dénomination « Capitale européenne de la Culture (ECOC) » est un titre octroyé à une ville par l’Union européenne pour la durée d’un an. Au cours de cette période, la ville a l’occasion de présenter sa vie et son développement culturels sur une large plateforme européenne et internationale. Un bon nombre de villes européennes ont profité de cette opportunité pour transformer ostensiblement (et, parfois, complètement) leur infrastructure culturelle, afin de stimuler l’économie locale, d’attirer les touristes et d’améliorer la visibilité de la ville à l’étranger ».

Un fil rouge traverse toute la programmation de Marseille Provence 2013, Capitale européenne de la culture : celui de la Méditerranée, le dialogue des deux rives.  Cet événement célèbre ainsi la culture méditerranéenne à travers trois thématiques : le cosmopolitisme (« Marseille Provence accueille le monde »), les relations à la nature (« Marseille Provence à ciel ouvert »), et l’art de vivre ensemble (« Marseille Provence aux mille visages »).

Une comparaison entre les Capitales européennes de la culture françaises : Lille et Marseille

Lille 2004 avec ses 17 000 artistes, 200 événements, 193 villes partenaires, ses 12 Maisons folies a réussi à attirer plus de 9 millions de touristes.

Le rapprochement entre les événements lillois et marseillais est souvent évoqué par les Médias.

Mais peut-on vraiment comparer ces deux événements ? Cette comparaison est quelque peu hâtive puisqu’au niveau des budgets (73 millions pour Lille, 91 millions pour Marseille) ou au niveau de la gouvernance (gouvernance également assurée
par la Région Nord-Pas-de-Calais et les deux départements du Nord et du Pas-de-Calais, le versant transfrontalier (Courtrai, Tournai et Mons), plus de 30 villes belges, l’Eurométropole, la Communauté Urbaine de Lille pour l’événement Lille 2004), l’organisation de MP 2013 et celle de Lille 2004 ont été remarquablement différentes (plus de 2500 événements sur
l’année pour Lille 2004). D’une part, Lille, troisième Capitale européenne de la culture de France, avait été désignée par le Gouvernement français, alors que Marseille a été sélectionnée suite à une procédure d’élimination à deux tours par un jury européen, et cela six ans avant l’événement. D’autre part, concernant l’événement lillois, la figure politique de Martine Aubry a permis d’atteindre un consensus et de réunir l’ensemble des forces politiques lilloises pour soutenir cet événement et le pérenniser dans le temps grâce à (Bombaysers de Lille en 2006 sur le thème de l’Inde, Europe XXL en 2009 sur le thème de l’Europe de l’Est en hommage au vingtième anniversaire de la chute du Mur de Berlin, Lille Fantastic en 2012.

 

La recherche de « l’événement » culturel

Depuis les célébrations autour du bicentenaire de la Révolution Française, les exemples de manifestations évènementielles sur les thèmes de la culture sont nombreux : le tricentenaire de Diderot à Langres, Le Havre 2017, la fête des Lumières de Lyon devenue une manifestation de trois millions de participants sur trois jours entiers.

Sur la base de certains exemples réussis, une réflexion s’est mise en place sur l’utilité de la culture en temps de crise des financements publics : plutôt que de construire des infrastructures culturelles nouvelles, l’occupation de l’espace public est assuré par l’évènementiel. Dans le cas de MP 2013, l’organisation de l’événement a ainsi supposé de créer un territoire, un cadre géographique cohérent pour le projet culturel et, au-delà, pour la politique culturelle.

L’organisation et la gouvernance de Marseille Provence 2013

En 2008, une équipe resserrée de coordination « Mission 2013 » a été créée à la ville de Marseille, dirigée Odile BLANC (Ingénieure territoriale de classe exceptionnelle). Cette structure s’est révélée un accélérateur de transversalité, permettant de coordonner les services des vingt directions opérationnelles et fonctionnelles de la ville : des groupes de travail interservices ont ainsi été instaurés pour conduire les projets liés à MP 2013.

La manifestation constitue un enjeu de développement du territoire de Marseille : faire de la ville le lieu de tous les échanges et la doter des fonctions d’une métropole (au sens de l’INSEE), attirer les investisseurs et renforcer l’emploi local, mais également repenser l’humain par la revitalisation des quartiers et de nouveaux dispositifs socio-éducatifs.

Le label de « capitale européenne de la culture » impose depuis la directive de 2006 une gouvernance associative entre les différents acteurs de la manifestation. La gouvernance de MP 2013 est ainsi partagée entre 97 communes, 6 communautés d’agglomérations ou de communes, la Région PACA et d’autres partenaires territoriaux. La ville de Marseille dispose d’un droit de vote équivalent à celui des autres partenaires, ce qui indique le souci de faire de MP 2013 un projet collectif.

Le rôle d’une ville-centre 

MP 2013 constitue pour Marseille l’opportunité de se positionner comme la « ville centre » de son aire géographique :

– Contenant : de nombreux projets d’infrastructures, d’équipements publics et d’aménagements urbains ont été lancés pour accueillir les manifestations et le public de MP 2013. Ainsi, le projet de rénovation du Vieux Port et la reprise en main des équipements culturels municipaux sont des exemples de réalisation figurant au dossier de candidature de 2007. MP 2013 constitue donc un « accélérateur de projets ».

– Contenu : à travers ses médiathèques, les expositions émanant d’équipements municipaux, le cofinancement de plusieurs projets culturels, Marseille a contribué de façon très large à l’enrichissement du contenu de l’évènement.

– Contexte : les services municipaux marseillais ont mobilisé les ressources de la ville afin que le programme de MP 2013 soit approprié par les habitants. Des actions de formation des agents, notamment sur les aspects règlementaires et logistiques de l’événement, ont été lancées. Pour accueillir les 400 000 visiteurs de l’inauguration, une coordination importante s’est mise en place entre les polices nationale et municipale, le SDIS, les services de la sécurité maritime et les douanes. De même, une ingénierie règlementaire a été nécessaire pour organiser l’occupation de l’espace public marseillais pendant la manifestation.

Pourquoi un festival OFF ?

Loin d’être en concurrence avec le festival officiel, les festivals alternatifs – notamment le festival OFF organisé par Stéphane SARPAUX, mais également l’ALTER et le OUT – permettent de proposer au public une offre culturelle décalée et innovante, en complément du programme patrimonial. Le concept de capitale européenne de la culture relève en effet de l’art de vivre, plus que de la culture classique. Ainsi, l’existence de plusieurs festivals, dont les lignes artistiques se contredisent, crée un véritable enrichissement de la manifestation.

Marseille Provence 2013 en question 

Marseille Provence, au service de la cohésion sociale ?

Plus qu’une manifestation culturelle, Marseille Provence (MP) 2013 s’est voulue une occasion de renforcer la cohésion sociale sur le territoire de la ville notamment avec le projet des quartiers créatifs qui permet de faire intervenir des artistes pour avoir un lien avec la population. Ainsi, les huit mairies de secteur ont mis en place des espaces culturels et des ateliers d’écriture. La direction des cimetières et les marins-pompiers de la ville ont également monté, en collaboration avec des artistes locaux, des spectacles temporaires. MP 2013  a aussi lancé une réflexion sur les transports publics : afin d’offrir une billetterie unique aux visiteurs, les différentes régies des transports des Bouches-du-Rhône ont été unifiées.

Néanmoins, la question de l’association de la population locale fait débat au sein du territoire marseillais. Si lors de la conception du projet l’ensemble des projets culturels des acteurs locaux ne peuvent pas être retenus, une partie de la culture marseillaise n’est pas au rendez-vous (la scène rap et hip hop).

Marseille Provence 2013, quelles retombées économiques ?

Si à l’heure actuelle, les retombées économiques de Marseille Provence 2013 sont difficiles à estimer, un cabinet indépendant est chargé de l’évaluation de cet événement.

Afin d’avoir quelques données économiques, la Commission européenne a établi un bilan des évènements « Capitale/Ville européenne de la Culture » et « Mois Culturels » pour les années 1995-2004 (Rapport Palmer : http://ec.europa.eu/culture/key-documents/doc926_fr.htm). Ce rapport donne à voir quelques retombées économiques pouvant être attendues de tels événements (une augmentation moyenne de 12% des nuitées d’hôtel etc.). Ce rapport livre également quelques clés du succès d’une Capitale européenne de la culture :

–   porter une attention toute particulière à l’implication de la société civile  (acteurs du monde culturel et socio-économique, population locale…),

–   essayer de prévoir dès la conception du projet la pérennisation d’un tel événement pour lui donner un caractère durable

–   éviter l’écueil de la simple compilation d’évènements ou de projets hétérogènes

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 Table ronde « Le projet métropolitain comme levier de développement du territoire »

 15 mars 2013

Partie 1 : Présentation du projet Aix-Marseille-Provence

Vincent FOUCHIER, directeur de projet, mission au projet métropolitain, Préfecture des Bouches-du-Rhône

Marie BADUEL, responsable aménagement et développement, mission au projet métropolitain, Préfecture des Bouches-du-Rhône

 

L’acte III de la décentralisation enverra un message fort : inscrire dans la loi la création de la Métropole Aix-Marseille-Provence, qui devrait avoir lieu à l’horizon 2015. Cette métropole sera la plus grande de France avec 8 millions d’habitants et une centaine de communes, soit 90% du département des Bouches-du-Rhône. Elle résultera de la fusion de 6 intercommunalités préexistantes : Marseille Provence Métropole, la Communauté d’agglomération du pays d’Aix, celle du Pays d’Aubagne et de l’Etoile, celle du Pays de Martigues, le SAN Ouest Provence et la communauté d’agglomération Agglopole Provence.

 

La question de la métropole n’est pas nouvelle car il y a eu des intentions depuis longtemps mais les forces politiques du territoire s’opposent fortement sur le sujet. Pour dépasser ces oppositions, la méthode adoptée se concentre sur la gouvernance avant d’élaborer des projets précis. C’est le contraire de ce qui est fait dans le cadre du Grand Paris.

La future métropole se concentrera sur les sujets stratégiques et n’assumera pas des politiques opérationnelles telles que la gestion des déchets. Quatre priorités stratégiques ont été identifiées :

–   passer de la singularité de la ville port à une métropole connectée et généraliste (innovation, mobilité durable et performante des marchandises)

–   transformer l’espace polycentrique en système (déplacements, renforcement  et organisation des grands axes de la métropole)

–    renforcer la qualité sociale en construisant des liens entre les différents éléments de la mosaïque sociale (mise en capacité de la population, valorisation de la jeunesse, intégration des quartiers)

–   permettre un développement durable du territoire

La constitution d’une métropole forte et cohérente est aussi une condition pour s’inscrire dans le réseau des métropoles méditerranéennes et développer les échanges avec elles.

 

Partie 2 : Regards croisés sur plusieurs projets métropolitains

Animée par Patrick GENEVAUX, élève administrateur territorial de la promotion Paul Eluard

Christian BOUCHERIE, DGS de la Communauté du Pays d’Aix

Pierre LAPLANE, DGS, Ville et Communauté urbaine de Strasbourg

Thierry MARTIN, Délégué Général à la Stratégie, Nice Côte d’Azur Métropole

Benoît QUIGNON, DGS, Ville et Communauté urbaine du Grand Lyon

Joël RAFFIN, DGS, Marseille Provence Métropole

Jean-Marie REYNAUD, DGS, Ville d’Aix-en-Provence

 

La Métropole Aix-Marseille-Provence : entre intégration et préservation des différentes logiques territoriales

La Communauté Urbaine Marseille Provence Métropole plaide en faveur de la création d’une grande métropole intégrée, allant dans le sens de l’histoire. En effet, le territoire de la future métropole a une histoire commune qui lui donne une vraie cohérence. Aujourd’hui, l’échelle pertinente pour le développement du territoire n’est plus locale, mais bien nationale et internationale. Ainsi, la constitution de la métropole permettra de penser le développement du territoire Aix-Marseille-Provence à la lumière de l’axe rhodanien (Marseille port de Lyon ?) et de l’axe méditerranéen.

De leur côté, la Ville et la Communauté d’agglomération d’Aix-en-Provence veulent préserver leur indépendance et ne pas être cantonnés au statut de périphérie de la ville centre. En effet, l’agglomération aixoise s’organise autour de plusieurs centres économiques : Aix, Salon de Provence, Ouest Provence, Pays d’Aubagne, Marseille. Ainsi, plutôt que de s’organiser selon un principe « centre-périphéries », Aix Métropole développe un modèle de complémentarités entre les pôles d’attraction de la région.

Nice Côte d’Azur Métropole : bâtir sur l’envie d’agir ensemble davantage que sur un territoire pertinent

Première métropole créée en 2011, Nice Côte d’Azur regroupe 46 communes, de la Méditerranée aux stations alpines. La nouvelle structure institutionnelle a été mise au service de l’attractivité internationale du territoire ainsi que de grands projets associant développement économique et exemplarité écologique. Nice Côte d’Azur Métropole est ainsi engagée dans un processus ambitieux d’aménagement de la Plaine du Var dans le cadre d’une Opération d’Intérêt National. L’idée est de faire de ce vaste espace une vitrine en termes d’architecture et d’urbanisme, de transport, de dynamisme économique et de performance énergétique.

Depuis 2011, la compétence « voirie départementale » a été transférée à la métropole afin de mettre en place un cadre d’action cohérent en termes d’aménagement. A long terme, l’articulation entre une métropole de plus de 500 000 habitants et une collectivité départementale fait débat.

La création de la Métropole niçoise est assise sur la volonté des acteurs de travailler ensemble davantage que sur la notion de territoire pertinent. L’idée politique était d’amorcer un processus avec ceux qui étaient partants pour démontrer l’efficacité d’une telle structure. La Métropole a donc vocation à évoluer. Le territoire pertinent n’est pas une notion figée et se construit en tenant compte des volontés locales et des projets. Il faut savoir trouver un équilibre entre la nécessité de penser un projet et d’agir et la prise en compte des réalités urbaines.

Le Grand Lyon : structurer le territoire

Motivée par la volonté de renforcer la compétitivité du Grand Lyon, mais aussi de repenser les relations entre l’intercommunalité et ses villes, la future métropole lyonnaise permettra dès 2015 de passer d’une collectivité de projet à une nouvelle collectivité de plein exercice, avec l’intégration des compétences du département sur son territoire complétée par une clause générale de compétence. Cependant, plus qu’un projet de métropole, le Grand Lyon entend développer un projet de territoire, autour de la mise en œuvre d’une gouvernance renouvelée et d’une nouvelle action publique locale territorialisée.

La Communauté Urbaine de Strasbourg : l’ambition d’une capitale européenne

Marquée par sa double culture et son statut de capitale de l’Europe, Strasbourg a développé une organisation territoriale pionnière : la création de la Communauté Urbaine de Strasbourg en 1966, la mutualisation des services des structures communales et intercommunales en 1972, la création de nombreux équipements publics permettent ainsi à la CUS d’affirmer aujourd’hui son ambition européenne, malgré sa taille de métropole modeste. Le projet métropolitain demeure donc centré sur la vocation européenne de la CUS pour en faire un pôle binational à rayonnement international. Ainsi, à partir d’usages simples, une vraie cohérence et une réelle intégration franco-allemande est recherchée (prolongation du tramway jusqu’à la ville allemande de Kehl, crèche binationale…). Les récentes évolutions législatives – eurodistrict, métropole, communauté unique d’Alsace – offrent en outre l’opportunité à la CUS de repenser ses relations avec les collectivités voisines.

 

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Table ronde « logement »

 15 mars 2013

Lors du voyage d’étude de la promotion Paul Eluard à Marseille, a eu lieu une table ronde organisée par le groupe de travail d’élèves administrateurs sur l’égalité territoriale.

Ce groupe avait souhaité proposer une activité portant sur des problématiques spécifiques liées à ses travaux, sous la forme d’une présentation croisée d’expériences en matière de logement.

Il s’agissait d’aborder les problématiques du logement d’urgence, du relogement des publics précarisés, ou encore l’articulation entre logement et insertion (de la production de logement d’insertion à l’accompagnement des publics).

Au-delà de la présentation des champs d’intervention de chacun des acteurs et de leurs expériences sur le territoire marseillais, ont été abordées les relations partenariales entre les associations, l’Etat et les collectivités locales, au service d’une politique territoriale de réduction des inégalités dans le logement.

Enfin, un débat ouvert a eu lieu autour des projets « Euromed » (notamment en raison de son impact sur la question du logement), et « MP 2013 » (avec plusieurs contrepoints critiques sur cette année évènementielle, dans le choix des artistes, l’association des acteurs locaux ou la gouvernance du projet, ces propos n’ayant pas été repris dans la synthèse qui se concentre sur le sujet du logement).

 

Intervenants :

–          Kader Atia, directeur de l’association Action Méditerranéenne Pour l’Insertion sociale par le Logement (AMPIL)

–          Cécile Castelli, chargée de mission au service solidarités, Conseil Régional PACA

–          Pierre Hanna, responsable du service logement social, Direction Départementale de la Cohésion Sociale (DDCS) des Bouches du Rhône.

 

Eléments de contexte et champ d’action de la DDCS en matière de logement :

Les expulsions locatives représentent 6000 assignations en justice par an. Dans 60% des cas, il s’agit de situations qui concernent le parc privé (car le niveau de dettes des locataires y est souvent plus grand que dans le parc social).

Cela donne lieu à 1700 réquisitions de la force publique. Le propriétaire assigne en justice le locataire, un huissier de justice enjoint aux résidents de quitter les lieux et si ce n’est pas le cas, il sollicite le concours de la force publique. A Marseille, ce concours est accordé difficilement, dans moins de 50% des cas (700-800/an). Sont pris en compte les critères suivants

i)                    Montant de la dette

ii)                  Reprise de paiement

iii)                Suivi de mesures d’accompagnement social FSL

iv)                Critères sociaux et médico-sociaux

Enfin sur les 700-800, 500 sont effectivement exécutés.

Cette phase peut durer longtemps (de 1 à 4 ans).

Le concours de la force publique est déterminé avec une date (2 mois plus tard). Il y a possibilité de sursis à exécuter en cas de fait nouveau. L’objectif est de permettre un compromis dans ce temps

 

Dans le département, il y a 72 000 demandes de logement social en moyenne par an :

Les demandes doivent être renouvelées tous les ans. En outre, des locataires dans des logements sociaux aimeraient aussi pouvoir évoluer, changer de logement (taille) ou de territoire.

 

Sur le DALO, la DDCS examine 6000 dossiers / an (250 tous les 15j), et y cible 2000 comme prioritaires.

Plusieurs critères : logement indigne, absence de logement, logement inadapté, délai anormalement long (plus de 30 mois) et expulsion locative.

Les dossiers sont examinés au sein d’une commission de médiation présidée par une personnalité qualifiée, comprend 4 collèges : Etat / CT/ associations et bailleurs.

Les deux problématiques principales sont celles des personnes dépourvues de logement, et la question de la sur occupation.

L’Etat doit reloger les ménages prioritaires sur le contingent préfectoral (25% du parc). Au bout de six mois, si le relogement n’est pas intervenu, le juge administratif est saisi et donne une injonction de reloger le ménage. Sinon l’Etat verse une astreinte vers un fonds national d’accompagnement ; il y a environ 150-180 injonctions par an dans le département.

Marseille représente 43% de la population des Bouches du Rhône mais 75% des DALO, du fait de la paupérisation de la population.

 

La ville comprend pourtant de nombreux logements, notamment en centre ville, ce qui marque sa spécificité. Toutefois, ces logements ne sont souvent pas adaptés aux besoins.

Exemple : un ménage seul au RSA : touche 460€ de RSA, bénéficie de 260€ d’APL. Le loyer doit être maximum de 300€. A contrario il manque aussi de grands logements (T4 et T5).

 

Compléments sur le contexte régional en matière de logement et champs d’intervention du Conseil Régional :

Quelques chiffres

–          Région 5 millions habitants

–          250 000 mal-logés

–          8000 éligibles DALO

–          100 000 logements sociaux manquant.

–          deuxième plus faible taux de rotation du parc social en France

La région est attractive mais de ce fait, le plan local de l’habitat (PLH) a été réalisé sur des bases incorrectes, car la population a augmenté. La pression foncière est importante à la fois du fait de cadres supérieurs qui cherchent des terrains à construire et des retraités qui font monter les prix.

Quantitativement : la ville ne manque pas de foncier et de logements dans la région, il manque une priorisation sur le logement social. Peu de villes respectent la règle des 20% de la loi SRU (hormis Martigues et Aubagne).

Qualitativement : le parc social est toujours très concentré. Certes, c’est aussi lié au prix du foncier dans les quartiers sud de Marseille. Mais l’une des spécificités est la présence de nombreuses copropriétés dégradées (parc privé), ce qui rend difficile la rénovation.

Toute la difficulté de la question du logement est qu’il s’agit à la fois d’un sujet juridique, réglementaire, et en même temps qu’il touche à la dignité de la personne. Les logements vacants ne correspondent pas toujours aux aspirations des familles.

Produire une offre adaptée suppose de faire de la dentelle, au plus près des besoins des habitants. Il y a un travail sur le diffus à mener, mais les bailleurs refusent de le faire.

La région intervient au titre de sa compétence d’aménagement du territoire, c’est un choix volontariste à travers 2 volets :

–          Développer l’offre adaptée

–          Réhabiliter l’offre existante.

Plusieurs outils ont été développés pour cela :

–          Un établissement public foncier régional

–          Des interventions d’aide en direction des bailleurs et associations.

 

Les champs d’action de l’AMPIL :

Née en 92, l’association comprend 3 types de professionnels :

–          Des juristes (le logement, c’est d’abord du droit)

–          Des travailleurs sociaux (conseiller en insertion).

–          Des architectes (qui notent les logements pour juger leur état : péril / indignité / insalubrité).

Les interventions de l’association sont complémentaires de l’action publique, notamment des bailleurs sociaux, en ce qu’elles consistent à « faire dans la dentelle », prenant en compte des besoins ciblés. Plusieurs types d’actions sont menés :

Le bail-réhabilitation avec un propriétaire privé :

On négocie un bail réhabilitation qui donne gestion pour 15 ans dudit logement. En contrepartie, il y a engagement à réhabiliter le logement, et à le remettre ensuite dans le circuit locatif. L’association bénéficie des aides de l’ANAH pour la réhabilitation.

BEA : 20-30 ans :

Travail avec les bailleurs dans le diffus : production ; acquisition, réhabilitation si possible avec Etat, CAF et Conseil Général.

Captation de logements (baux glissants) :

Baux signés d’abord entre l’association et le propriétaire, puis après 3 ans, le bail est « glissé » au locataire, qui est donc d’abord en sous-location puis en location.

Sécurisation des propriétaires :

Garantie la solvabilisation des locataires en échange de loyers plus faibles. Enjeu de l’idée de garantie universelle envisagée par Cécile Duflot.

 

« Euromed » en débat (tous les intervenants) :

Il n’y a pas de logement social dans Euromed. Le projet a fait multiplier par quatre le coût du foncier. Et en même temps, la ville a besoin d’un dynamiseur économique. L’enjeu, c’est de parvenir à un équilibre entre ces exigences, mais la balance ne penche pas du côté de la mixité sociale avec ce projet.

La question qui se pose : est-ce que le quartier va essaimer sur les quartiers voisins ? Le centre-ville de Marseille est plutôt pauvre.

Où est la Méditerranée dans ce projet ? Tout le patrimoine portuaire est détruit et le tramway ne fait pas du tout le lien entre la ville et son port. La place Joliette devant les Docks a une histoire : c’était le lieu d’embauche des Dockers. L’histoire ouvrière et celle de l’immigration ont entièrement éradiquées du projet urbain. C’est le fait d’une vision « hors-sol », celle de cadres parisiens, qui n’est pas confrontée à un vrai travail sur la mémoire des sites existants, notamment des friches.

Dans les quartiers qui ont émergé d’Euromed, il n’y aucune vie sociale.

 

L’effet paradoxal des opérations de renouvellement urbain :

Le problème de la pauvreté en centre-ville vient le plus souvent du parc privé avec de nombreux logements indignes, et du fait de la hausse du prix du foncier en centre-ville, ce n’est pas possible de l’acquérir pour le rénover.

Les opérations ANRU accentuent la tension (car on détruit avant de reconstruire) et les logements neufs coûtent plus chers. Malgré la signature d’une charte de mutualisation des bailleurs (entre ceux qui ont des logements détruits et ceux qui relogent) pour garder les loyers constants, ils n’y parviennent pas.

Autre problème : on a le sentiment que certains bailleurs se servent de l’ANRU pour se débarrasser de certains locataires.

 

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Compte-rendu du baptême de la promotion Paul Eluard