Auteur : Michaël Calais, élève administrateur territorial de la promotion Gaston Monnerville (2018-2019)

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Ce qui se présente au voyageur qui s’arrête pour la première fois à Dunkerque, c’est, d’abord, un ensemble de sensations. Le cri des goélands au-dessus de sa tête ; le vent frais qui souffle dans ses cheveux ; et la vue du vaste chantier de la Place de la Gare qui s’étend à ses pieds, devant d’anciens immeubles de briques et de pierres épargnés par la guerre… Une ville maritime du Nord en pleine transformation, c’est donc ainsi qu’apparaît Dunkerque au premier abord.

Vue de Dunkerque depuis la Tour du Beffroi

S’il poursuit son chemin sur la rue des Fusiliers Marins, notre voyageur fera la rencontre du « Pôle marine », un centre de commerce et de loisirs plutôt banal par rapport à l’originalité de l’Hôtel de la Communauté urbaine de Dunkerque (CUD), dont l’architecture imposante et moderniste, datant des années 1970, témoigne aussi bien de l’ancienneté que de l’importance de l’administration intercommunale dans le territoire dunkerquois.

En longeant le Bassin du commerce, il s’étonnera de ces grands voiliers, parvenus jusqu’à l’abri par le jeu des nombreux canaux que comporte la ville. De là, il ne devinera pas forcément l’ampleur du réseau de quais et de bassins, le nombre d’usines, de hangars et de navires de transport de marchandises, ensemble peu grâcieux et source de nuisances et de pollution, mais surtout source de richesse et d’emplois pour le Grand Port Maritime de Dunkerque, le 3ème en France.

Le Bassin du Commerce, et l’hôtel de la CUD

En marchant sur le Quai des Hollandais, il apercevra le Beffroi de l’Hôtel de Ville, plusieurs fois détruit, toujours reconstruit, admis en 2005 au patrimoine mondial de l’UNESCO, et qui continue d’être le siège principal de la municipalité dunkerquoise. À ses pieds se trouvent, à l’Ouest, la Porte Jean Bart, du nom du fameux corsaire flamand qui servit le Royaume de France au XVIIe siècle contre l’Angleterre et la Hollande ; et, à l’Est, le parvis, où flottent le Tricolore et le blason dunkerquois, et où se déverse, lors du célèbre Carnaval de Dunkerque, une marée humaine pour le « lancer de harengs » depuis le balcon de la Mairie.

La place Jean Bart aussi accueille des évènements organisés par la collectivité, qui souhaite que le centre-ville historique reste le cœur de la vie sociale et culturelle des Dunkerquois.

Un peu plus loin, notre voyageur arrive à l’entrée du port, où la notion de transition urbaine déploie tout son sens. En prenant le Quai des Anglais après la Tour du Leughenaer, plus vieux monument de la ville, il arrive en effet dans l’écoquartier du Grand Large, édifié sur les 42 hectares des anciens Chantiers navals de France, plus de vingt ans après leur fermeture. Des immeubles à gâbles alliant la tradition flamande et l’innovation écologique s’alignent face au chenal du port. Des prairies urbaines et des îlots de verdure jaillissent des larges allées pavées et des cours intérieures bordant les commerces et les logements. Ce lieu très spécial, concentré d’exigences architecturales, sociales et environnementales, s’inscrit dans l’opération d’urbanisme « Neptune », lancée par la Ville et la Communauté urbaine afin de reconvertir les friches industrialo-portuaires de Dunkerque.

Les « gables » de l’écoquartier du Grand Large

Faire du neuf avec de l’ancien, c’est aussi le principe du musée « Dunkerque 1940. Opération Dynamo », dont le lancement a coïncidé avec la sortie du film éponyme de Christopher Nolan en 2017, consacrant Dunkerque comme un haut-lieu du tourisme de mémoire autour de la 2nde Guerre Mondiale, très prisé des anglo-saxons. Derrière le champ de bleuets qui symbolise la reconnaissance et la solidarité à l’égard des anciens combattants, se trouve le Lieu d’Art et d’Action Contemporaine (LAAC), ce jardin de dunes, d’eau, de sculpture et de plantes, où un bâtiment de céramique blanche expose plus de 1500 œuvres d’art contemporain et de pop culture.

Puis, impatient de voir enfin cette Mer du Nord que tout lui rappelle, notre voyageur franchit la passerelle du Grand Large, monte sur la dune du Mémorial des Alliés et, sous le vent et les cris de goélands comme jamais, contemple la vaste plage de Malo-les-Bains, « la plus belle plage du Nord ». Avec ses belles façades, ses cabines de plage et son flux de promeneurs, elle évoque celle de Trouville. Volleyeurs, joggeurs et kitesurfeurs viennent y profiter du sable et de l’air marin. Certains voyageurs pousseront jusqu’aux Dunes de Flandres, ce Grand Site de France Natura 2000, havre de biodiversité, protégé par l’Union européenne et entretenu par le Syndicat intercommunal des Dunes de Flandres (SIDF), dont la base nautique dite « de la Licorne » offre à qui veut de hisser les voiles, sur mer ou… sur terre.

La plage de Malo-les-Bains

De cette plage, le voyageur pourra aussi, à l’avenir, observer un des plus grands parcs d’éoliennes en mer qu’accueillera le domaine maritime français. L’énergie renouvelable ainsi produite contribuera, indirectement, à atténuer le réchauffement climatique mondial, et donc, par ricochet, à limiter dans le bon sens l’utilité des ré-ensablements et du muret anti-submersion récemment réalisés par la collectivité dunkerquoise pour préserver son littoral.

Un bunker couvert de miroirs sur les Dunes de Flandres, Anonyme

Michaël Calais

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Dunkerque, une ville maritime du Nord en pleine transition