Pendant une semaine, les élèves administratrices et administrateurs ont bénéficié de différentes interventions  sur les enjeux de l’aménagement du territoire et sur ce qui participe à créer du lien entre les ruralités et les zones urbaines. 

Ce module consacré au développement territorial  a été co-construit par l’administration de l’INET et les élèves issus des trois filières. La première conférence a abordé la capacité des politiques publiques territoriales à intégrer pleinement les enjeux écologiques, appuyé par un exercice portant sur un diagnostic de territoire.

Nogent-sur-Seine, dans l’Aube.

Pour aborder le développement territorial à l’heure de la sobriété et de la circularité, une séquence proposait de découvrir la Fabrique des transitions. Cette structure accompagne les changements systémiques à l’échelle territoriale. Les échanges ont été illustrés par l’expérience de Loos-en-Gohelle. 

Des rencontres proposées par les élèves 

Un ciné-débat sur l’autonomie alimentaire en Martinique et les projets alimentaires territoriaux (PAT)  a été organisé. Le documentaire a été réalisé en Martinique par Caroline Chartrain, Amèle Solse et Chloé Lambert , toutes les trois étudiantes en Master Développement Agroéconomique à l’institut d’études du développement de la Sorbonne (IEDES) de l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. 

Le marché agricole Nord Atlantique en Martinique.

Cette séquence invitait à réfléchir aux enjeux d’autonomie alimentaire et à la mise en œuvre des PAT dans les territoires ultramarins grâce à un retour d’expérience concret. Ainsi, est évoqué le marché agricole Nord Atlantique (MANA), une association créée en 2000 qui possède une caisse commune pour la vente des produits agricoles locaux. Dès leur livraison sur site, les produits des agriculteurs sont pesés puis mis en commun sur les étals. A la fin du marché, chaque exploitant est rémunéré au prorata des ventes et de sa production livrée.  En Martinique, la production de bananes et de cannes à sucre domine le marché, mais les agriculteurs se tournent de plus en plus vers les fruits et légumes locaux qui sont présents sur l’île et qui peuvent renforcer l’autonomie alimentaire et les circuits courts martiniquais (exemple du yaroots, yaourt végétal à base de pois d’angole) L’intervention de François Roulet, élève ingénieur en chef et spécialiste des questions agricoles et alimentaires, a permis de mettre en relief le cas Martiniquais par rapport aux différents enjeux nationaux.  

Pour aborder les collectivités et les forêts, l’association Communes forestières France a développé les enjeux et perspectives développés autour de la filière forêt-bois. Celle-ci doit effectivement faire face à la résilience climatique, l’économie circulaire et à la coopération territoriale, en proposant des pistes pour concevoir des politiques publiques locales efficaces.  

La thématique des mobilités a été abordées sur le terrain, sous la forme de visites apprenantes.

Retex tiers-lieu en milieu rural La Colporteuse 

Le développement territorial, ce sont aussi des initiatives locales issues de la société civile. Tel est le cas du tiers-lieu La Colporteuse au Nord des Deux-Sèvres. Des habitants engagés ont, avec l’appui des pouvoirs publics, transformé le château de Sanzay, tombant en ruine, en un centre socio-culturel, à la fois lieu de vie sociale, école de la transition écologique et organisme de formation. « Un lieu pour accueillir les gens à bras ouvert, pour que les gens puissent rêver les yeux ouverts »Il s’appuie sur l’ensemble des acteurs publics, de commune à l’Union européenne en passant par la CAF, pour développer le lien social et offrir une formation professionnelle à des jeunes ne se retrouvant pas dans les standards scolaires.  

Un exemple de coopération transfrontalière : les Flandres 

Pour terminer la semaine, les élèves ont assisté à la projection du film « Welcome to Eutopia », pour aborder l’approche transfrontalière d’une stratégie de développement territorial entre le Nord de la France et la Belgique. Ce film a été réalisé par Nic Balthazar dans le cadre du portefeuille de projets Interreg V Flandria RHEI.

Un séminaire co-conçu avec les élèves

Ce module consacré au développement territorial a mobilisé des élèves des trois filières. Natacha Payet et Louis-Marie Perret, élève administratrice et administrateurs territoriaux ont répondu à nos questions sur leur mobilisation et l’organisation de rencontres avec des acteurs locaux mais aussi en Outre-mer.

Selon vous, quels sont les principaux enjeux du développement territorial ? 
Louis-Marie Perret : Le développement territorial est avant tout une affaire de mise en mouvement : développer chez les habitants un sentiment de fierté et de réalisation. Sans ce sentiment, il est difficile d’adopter une posture proactive et enthousiaste. Ce terme, un peu fourre-tout, permet de rassembler l’ensemble des initiatives de développement au niveau local, que l’on peut distinguer de la planification nationale. Aujourd’hui il nous parait être au cœur de trois enjeux : la transition écologique, la coopération de tous les acteurs et la démocratie locale. 

Comment avez-vous choisi les sujets abordés ? 
Louis-Marie Perret : Nous avons voulu faire un focus sur des sujets peu visibles dans le débat public ou le quotidien des grandes collectivités : l’autonomie alimentaire en Outre-mer, la gestion des forêts et les initiatives qui fonctionnent dans les ruralités.

Comment avez-vous travaillé avec l’Inet ? 
Natacha Payet : Nous faisons partie du groupe de travail (GT) Ruralités et outre-mer qui a pour but de mener des actions et des évènements sur ces sujets tout au long de la scolarité. Nous souhaitions organiser certaines conférences (autonomie alimentaire en outre-mer, enjeux de la filière forêt/bois) dans le cadre du GT mais avons été sollicités par l’INET pour coconstruire la semaine du développement territorial. Nous avons donc saisi cette opportunité pour proposer l’organisation de ces conférences dans le cadre de ce séminaire afin qu’un maximum d’élèves puisse y assister.
Louis-Marie Perret : Nous avons travaillé entre octobre et janvier en étroite collaboration avec l’administration et Matthieu Cooren, directeur adjoint territoires et transitions au Département du Nord. C’était assez prenant de planifier cela en parallèle des stages « projets collectif », mais le résultat a montré que le jeu en valait la chandelle.

En quoi la ruralité et les outre-mer jouent-elles un rôle dans vos choix professionnels ? 
Natacha Payet et Louis-Marie Perret : Les collectivités territoriales ont la force et la richesse de mailler l’ensemble du territoire hexagonal et ultra-marin. Au sein de ce territoire, les ruralités et les outre-mer, caractérisés par une forme d’éloignement des centres décisionnels, ont des ressources et potentiels réels et souvent méconnus. Il nous tenait à cœur, en tant qu’originaires de territoires ruraux ou ultramarins, de les mettre en valeur auprès de nos collègues et de les sensibiliser sur les enjeux qui en découlent, au sein de notre cursus de formation.